On parle souvent du 8 mai 1945, comme de la date de la capitulation allemande. En fait la capitulation totale de l’Allemagne nazie a eu lieu en deux temps : le 7 mai à Reims, le 8 mai à Berlin.
La situation est assez confuse au printemps 1945. L’Allemagne occupe encore le Danemark, une partie de la Norvège et des Pays-Bas. Des poches allemandes existent encore en France. Berlin est encerclée par les troupes soviétiques. Hitler se suicide le 30 avril dans son bunker de la chancellerie du Reich.
C’est le grand-amiral Doenitz qui succède à Hitler, avec le titre de président du Reich. Il prévoit des capitulations partielles à l’Ouest et la poursuite des combats à l’Est. Le 4 mai, le maréchal anglais Montgomery accepte la capitulation des forces armées allemandes du Nord-Ouest de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark. Le général américain Eisenhower, commandant suprême du Corps expéditionnaire allié en Europe, exige lui une capitulation totale sur tous les fronts. Doenitz est obligé de s’incliner.
La capitulation est signée à Reims, le 7 mai, à 2 heures 41, au grand quartier général d’Eisenhower. Le général Jodl, chef d’état-major de la Wehrmacht, signe la capitulation sans conditions de toutes les forces allemandes. Le général Susloparov signe pour les Soviétiques. Le général français Sevez est témoin en tant que chef d’état-major du général de Gaulle. La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h01. Ce délai permet aux Allemands de faire passer en zone occidentale le plus possible de civils et de militaires. Il s’agit de leur éviter de tomber aux mains de l’Armée Rouge.
Staline est furieux quand il apprend la nouvelle. Il exige qu’une nouvelle capitulation ait lieu, en présence du maréchal Joukov, au QG soviétique installé dans la banlieue de Berlin. Pour lui, la signature de Reims n’est qu’un préliminaire. La France est représentée par le général de Lattre de Tassigny Le maréchal Wilhelm Keitel se charge de la signature côté allemand. Le nouveau texte exige le désarmement complet de l’Allemagne. Si la ratification de l’acte de capitulation a bien lieu, en Europe occidentale, le 8 mai, peu avant minuit, elle n’est enregistrée qu’à 01 h 01 en URSS, ce qui explique la date du 9 mai. Les dernières poches de résistance allemandes en France se rendent les 8 et 9 mai.
La date du 8 mai ne signifie cependant pas la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon ne capitule que le 2 septembre 1945, après les bombardements atomiques d’Hiroshima (6 août) et de Nagasaki (9 août).




MUREDE